Reconduction tacite du bail : règles, durée et droits

Reconduction tacite du bail : règles, durée et droits

Qu'est-ce que la reconduction tacite d'un bail ?

Ton bail arrive à échéance et... rien ne se passe ? C'est normal. La plupart des baux se prolongent tout seuls, sans que personne ne lève le petit doigt. C'est ça, la reconduction tacite.

Concrètement : quand le contrat atteint sa date de fin, il repart pour un tour automatiquement. Pas de nouvelle signature, pas de paperasse. Tant que ni le propriétaire ni le locataire ne donnent congé, le bail continue dans les mêmes conditions.

Ce mécanisme s'applique aussi bien au logement vide qu'au meublé, comme au bail commercial 3/6/9. Mais attention, la durée de reconduction et les règles changent selon le type de bail. On détaille tout ça juste après.

Bon à savoir

Reconduction tacite ≠ renouvellement. Dans le premier cas, ton bail repart à l'identique, en silence. Dans le second, un nouveau contrat est négocié (souvent avec une hausse de loyer à la clé). On t'explique la différence un peu plus bas, pour que tu ne te fasses jamais avoir.

Côté loi, trois textes encadrent le sujet : la loi du 6 juillet 1989 pour l'habitation, le Code de commerce et la loi Pinel pour le commercial.

Définition juridique de la tacite reconduction

Juridiquement, la tacite reconduction, c'est un automatisme contractuel. Ton bail se prolonge tout seul à l'échéance, sans que tu signes le moindre papier. Le contrat initial continue, à l'identique, pour une nouvelle durée.

Le mot clé ici : prolongation du contrat existant. On ne crée pas un nouveau bail, on garde le même qui repart pour un tour. Tes obligations, le montant du loyer, les clauses : tout reste en place.

Ce mécanisme repose sur l'absence de réaction des deux parties. Pas de congé du locataire, pas de congé du bailleur, pas de demande formelle de renouvellement ? Le bail file vers une nouvelle période, point.

Deux textes encadrent ça selon le type de bail :

  • La loi du 6 juillet 1989 pour le logement d'habitation.
  • L'article L. 145-9 du Code de commerce pour les baux commerciaux (on parle alors de tacite "prolongation").

Même logique, conséquences différentes. On y revient juste après.

Principe du prolongement automatique du contrat à l'échéance

Le mécanisme est simple : ton bail tourne en boucle. À l'échéance, s'il ne se passe rien, le contrat repart pour un nouveau cycle, à durée identique. Un bail vide signé pour 3 ans ? Il repart pour 3 ans. Un bail commercial 3/6/9 arrivé à terme sans congé ni demande de renouvellement ? Il continue, tu restes dans les lieux, point.

Ce qui déclenche ce prolongement automatique, c'est justement l'absence d'action. Personne n'a donné congé, personne n'a demandé autre chose. Le silence vaut accord.

Deux conditions pour que ça marche :

  • Aucun congé n'a été notifié dans les délais légaux
  • Aucune des parties n'a demandé un renouvellement ou une modification

Résultat : le bail se reconduit aux mêmes conditions. Seul le loyer peut bouger, dans les limites prévues par la loi. Pour casser cet automatisme, il faut respecter le préavis à la lettre. Sinon, c'est reparti pour un tour.

Cadre légal applicable (loi du 6 juillet 1989, Code de commerce, loi Pinel)

Pas de panique, ce n'est pas une zone de non-droit. La reconduction tacite est encadrée par des textes précis, qui varient selon le type de bail :

  • Bail d'habitation : c'est la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 qui mène la danse. Elle fixe les durées, les délais de préavis et les conditions pour mettre fin au contrat.
  • Bail commercial : direction le Code de commerce, et notamment son article L. 145-9. C'est lui qui organise la tacite prolongation du fameux bail 3/6/9.
  • Loi Pinel (2014) : elle est venue rééquilibrer le bail commercial en faveur du locataire, en renforçant ses droits au moment du renouvellement.

Bref, selon que tu loues un appart ou un local commercial, les règles du jeu changent. On détaille tout ça plus bas, mais retiens déjà ça : ta protection dépend du texte qui s'applique à ton bail.

Reconduction tacite, renouvellement et prorogation : ne plus confondre

Trois mots qui se ressemblent, trois mécanismes bien différents. Et confondre les trois, c'est le meilleur moyen de se planter sur tes droits ou tes obligations. On t'explique vite fait.

Mécanisme Comment ça marche Nouveau document à signer ?
Reconduction tacite Le bail se prolonge tout seul à l'échéance, aux mêmes conditions Non, rien à signer
Renouvellement Un nouveau bail (ou un avenant) repart, avec des conditions parfois revues Oui, bail ou avenant signé
Prorogation Le bail en cours est étendu sur une courte durée, ponctuellement Oui, accord écrit

En clair : la reconduction tacite, c'est le pilote automatique, personne ne touche à rien. Le renouvellement, c'est un vrai nouveau contrat, l'occasion pour le bailleur de réviser certaines clauses ou le loyer (dans les limites légales). La prorogation, elle, c'est juste une rallonge de quelques mois, le temps de boucler un truc.

Le piège classique ? Croire que ton bail s'est "renouvelé" alors qu'il s'est simplement reconduit. Les conséquences ne sont pas les mêmes, on y revient plus bas.

L'erreur qui coûte cher

Confondre reconduction tacite et renouvellement peut t'enfermer dans une nouvelle période complète si tu rates le préavis. Avant toute démarche, identifie précisément lequel des trois mécanismes s'applique à ta situation.

Ce qu'est le renouvellement de bail et ses effets sur le contrat

Là, on change de logique. Le renouvellement, ce n'est pas une poursuite automatique du contrat existant : c'est un nouveau bail qui prend le relais. Les parties remettent les compteurs à zéro, et surtout, elles peuvent renégocier.

Concrètement, ça veut dire quoi ?

  • Un nouveau contrat est signé, avec une nouvelle durée qui repart de zéro.
  • Les conditions peuvent évoluer : loyer revu, clauses ajustées, modalités modifiées d'un commun accord.
  • C'est le seul mécanisme qui autorise un changement substantiel des termes du bail.

La différence avec la reconduction tacite est nette : la tacite reconduction prolonge le bail initial à l'identique, sans rien signer. Le renouvellement, lui, acte un changement et demande l'accord des deux parties. En habitation comme en commercial, c'est souvent le moment où le bailleur propose une hausse de loyer encadrée par l'IRL. À toi de vérifier qu'elle est légale avant de signer.

Ce qu'est la prorogation (prolongation ponctuelle) du bail

Troisième mécanisme, et pas le plus connu : la prorogation. C'est tout simplement une prolongation ponctuelle du bail existant, pour une courte durée et de façon écrite. On ne crée pas un nouveau contrat, on ne lance pas une reconduction automatique : on rallonge juste le terme d'un cran.

Exemple concret : ton bail arrive à échéance, mais tu as besoin de deux mois de plus pour trouver un nouveau logement. Avec l'accord du bailleur, tu proroges le bail de deux mois. Même contrat, mêmes clauses, juste une date de fin repoussée.

Côté bail commercial, c'est validé par la jurisprudence : décider d'une prorogation du terme du bail en cours, sans congé, ne forme pas un nouveau contrat. Bref, la prorogation, c'est la rallonge express, sortie d'un commun accord, sans tout réécrire.

Différences concrètes entre les trois mécanismes et leurs conséquences

Maintenant que tu connais les trois, voici ce qui change vraiment pour toi au quotidien.

  • Reconduction tacite : ton contrat continue tout seul, mêmes conditions, même durée. Rien à signer. Si tu veux que ça s'arrête, c'est à toi d'agir avant l'échéance.
  • Renouvellement : nouveau bail, nouvelle négociation. C'est le moment où le loyer peut bouger (dans les limites légales) ou les clauses être ajustées. À lire avant de signer.
  • Prorogation : juste un coup de rallonge écrit, pour gagner un peu de temps. Le contrat reste identique, on décale simplement la date de fin.

La vraie conséquence ? Sur tes délais. En reconduction tacite, rater le préavis t'enferme pour une nouvelle période complète. Au renouvellement, tu peux discuter les termes. Bref, savoir lequel s'applique, c'est savoir quand et comment tu peux bouger.

La reconduction tacite du bail d'habitation

Place maintenant à du concret. Côté logement, c'est la loi du 6 juillet 1989 qui dicte les règles, et elle ne laisse rien au hasard. À l'échéance du bail, si personne ne donne congé, le contrat se poursuit tout seul, aux mêmes conditions. Tu n'as rien à signer, rien à renvoyer.

Mais attention : la durée de cette reconduction dépend directement du type de bail. Un bail vide ne se reconduit pas comme un meublé, et certains baux spécifiques (étudiant, mobilité) suivent même leurs propres règles.

Voici ce qu'il faut retenir avant d'entrer dans le détail :

  • Bail vide : reconduction pour 3 ou 6 ans selon le bailleur.
  • Bail meublé : reconduction pour 1 an.
  • Baux spécifiques : étudiant, mobilité et bail verbal jouent à part.

On déroule tout ça juste en dessous.

Locataire signant un contrat de bail d'habitation dans un appartement

Reconduction tacite d'un bail vide : durée de 3 ou 6 ans

Pour un logement vide, la durée dépend de qui possède le bien. Et ça change tout.

  • Bailleur particulier (personne physique) : le bail dure 3 ans minimum. À l'échéance, sans congé valable, il repart pour 3 ans dans les mêmes conditions. C'est l'article 10 de la loi du 6 juillet 1989 qui le dit.
  • Bailleur personne morale (SCI, société, organisme) : la durée passe à 6 ans. Pareil, reconduction automatique pour 6 ans en l'absence de congé.

Petit piège bonus, côté commercial cette fois : si un bail dérogatoire (le bail commercial de courte durée, dit aussi précaire) arrive à son terme et que le locataire reste dans les lieux, un vrai bail commercial de 9 ans se forme d'un coup. Oui, neuf. Attention, ce mécanisme est propre au commercial, il ne s'applique pas à l'habitation.

Le piège du bail dérogatoire

Si un bail dérogatoire commercial (le bail de courte durée, dit aussi précaire) arrive à son terme et que le locataire reste dans les lieux, un vrai bail commercial de 9 ans se forme d'un coup. Un point à surveiller de près pour les bailleurs. Ce mécanisme est propre au commercial, pas à l'habitation.

Dans tous les cas, le loyer et les conditions restent identiques. Rien à resigner, le contrat continue tout seul.

Reconduction tacite d'un bail meublé : durée d'un an et spécificités

Le meublé, lui, joue dans une autre cour. Ici, le bail dure 1 an, et à l'échéance, il se reconduit tacitement pour 1 an, encore et encore. Mêmes conditions, même loyer (sauf clause de révision), aucune signature.

Côté préavis, le locataire file quand il veut avec seulement 1 mois de préavis. Le bailleur, lui, doit prévenir 3 mois avant l'échéance s'il veut récupérer ou vendre son bien, avec un motif valable.

Attention aux faux jumeaux du meublé :

  • Bail étudiant (9 mois) : pas de reconduction tacite. À la fin, c'est terminé. Pour rester, il faut signer un nouveau bail meublé.
  • Bail mobilité (1 à 10 mois) : pareil, aucune reconduction automatique. On signe à nouveau ou on s'en va.

Bref, en meublé classique, le bail roule tout seul. Dans les versions courtes, il s'arrête net.

Bail étudiant, mobilité et bail verbal : règles particulières

Et puis il y a les baux qui jouent hors des sentiers battus.

Le bail étudiant non meublé tient 9 mois et ne se reconduit pas tacitement. À l'échéance, il s'arrête, point. Si l'étudiant veut rester, on signe un nouveau bail. Pas d'automatisme, pas de surprise.

Le bail mobilité, lui, dure de 1 à 10 mois et ne se renouvelle jamais. Impossible de le reconduire ou de le prolonger au-delà des 10 mois. Terminé, il faut basculer sur un autre type de contrat.

Quant au bail verbal, c'est le cas qui sent l'embrouille. En théorie, il relève de la loi de 1989 (durées minimales, reconduction tacite incluse). En pratique, sans écrit, prouver les conditions devient un casse-tête en cas de litige. Notre conseil : un bail écrit, toujours.

Notre conseil

Un bail écrit, toujours. Sans document signé, prouver les conditions du contrat (durée, loyer, dépôt de garantie) devient un véritable casse-tête en cas de litige.

À quelle date et pour quelle durée le bail est-il reconduit ?

Récapitulons la mécanique, parce que c'est là que tout se joue.

La règle est simple : à l'échéance, sans congé valable de l'une ou l'autre partie, le bail repart pour une durée identique à la précédente, et aux mêmes conditions.


Type de bail Bailleur Durée de reconduction
Bail vide Particulier (personne physique) 3 ans
Bail vide Personne morale (SCI, société...) 6 ans
Bail meublé Tous 1 an
Bail dérogatoire commercial (maintien dans les lieux) - 9 ans
Bail étudiant (9 mois) - Pas de reconduction
Bail mobilité (1 à 10 mois) - Pas de reconduction

La date ? C'est tout bête : la reconduction prend effet le lendemain de l'échéance initiale. Pas de coupure, pas de vide juridique. Le contrat continue, point.

Seule chose qui peut bouger : le loyer, et uniquement si une clause d'indexation sur l'IRL est prévue au bail. Sinon, tout reste figé. Même loyer, mêmes clauses, même dépôt de garantie.

La reconduction tacite du bail commercial

Le commercial, c'est un autre monde. Ici on ne parle plus de reconduction tacite mais de tacite prolongation, et la nuance change tout.

Quand un bail commercial arrive au bout de ses 9 ans sans congé ni demande de renouvellement, il ne s'arrête pas. Il continue. Mais attention : il ne repart pas pour 9 ans. Il bascule dans une zone particulière, encadrée par l'article L. 145-9 du Code de commerce et retouché par la loi Pinel.

Concrètement, le bail se poursuit aux mêmes conditions, mais sa durée devient indéterminée. Chaque partie peut alors y mettre fin avec un préavis. Et plus le temps passe, plus ça peut coûter cher au bailleur, notamment côté loyer.

On déroule tout ça juste en dessous : fonctionnement, durée réelle, déplafonnement et clauses qui survivent.

Fonctionnement de la tacite prolongation du bail 3/6/9

Concrètement, ton bail commercial 3/6/9 ne s'arrête pas tout seul à la fin des 9 ans. Sans congé délivré par toi ou ton bailleur, et sans demande de renouvellement, il bascule en tacite prolongation. Le contrat initial continue, tel quel, sans qu'un nouveau document ne soit signé.

La nuance avec l'habitation est de taille. L'article L. 145-9 du Code de commerce encadre ce mécanisme : on ne crée pas un nouveau bail, on prolonge l'ancien. La Cour de cassation l'a encore rappelé en juin 2025 : la prolongation tacite ne fait pas naître un contrat neuf, le bail d'origine se poursuit.

En clair :

  • Mêmes clauses, mêmes conditions : tout reste figé comme avant.
  • Pas de durée fixe : le bail prolongé devient à durée indéterminée.
  • Sortie possible par congé donné dans les règles, à chaque échéance trimestrielle.

C'est ce flou sur la durée qui pose problème ensuite, notamment côté loyer.

Reconduction tacite vs tacite prolongation

En habitation, on parle de reconduction tacite : le bail repart pour une durée identique (3, 6 ou 1 an), aux mêmes conditions. En commercial, c'est la tacite prolongation : le bail d'origine se poursuit, mais à durée indéterminée. Dans les deux cas, aucun nouveau contrat n'est signé. Ce qui change, c'est la durée, et donc le risque côté loyer.

Durée du bail commercial reconduit tacitement

La grosse différence avec l'habitation ? Ton bail prolongé tacitement ne repart pas pour 9 ans. Il bascule en durée indéterminée.

Concrètement, ça veut dire qu'il n'y a pas de nouveau contrat qui se forme. Le bail en cours se poursuit, tel quel, sans date de fin fixée. Tant que personne ne bouge, il continue.

L'avantage : ça te laisse de la souplesse. Chacun peut y mettre fin à tout moment, en respectant les formes et les délais légaux (on détaille les congés plus bas).

Le piège à connaître : passé une certaine durée totale d'occupation, ce statut de prolongation ouvre la porte au déplafonnement du loyer. On t'explique ce point juste après, parce qu'il peut coûter cher.

Bref, prolongation tacite ne rime pas avec sécurité longue durée. C'est confortable, mais fragile des deux côtés.

Déplafonnement du loyer en cas de durée excédant 12 ans

Voilà où la tacite prolongation peut te jouer un sale tour. Tant que ton bail commercial reste prolongé tacitement, le compteur tourne. Et si sa durée effective dépasse 12 ans, ça change la donne sur le loyer.

Le principe : tant que tu restes sous les 12 ans, le loyer renouvelé est plafonné, c'est-à-dire encadré par la variation d'un indice. Mais dès que le bail franchit cette barre, le plafonnement saute. C'est l'article L145-34 du Code de commerce qui le prévoit.

Concrètement, ça veut dire que le loyer peut être fixé à la valeur locative réelle du local. Et selon le marché, ça peut grimper sérieusement.

Le détail qui pique : il suffit d'un seul jour au-delà des 12 ans pour déclencher le déplafonnement. Si le congé ou la demande de renouvellement vise une date postérieure aux 12 années depuis la prise d'effet du bail, c'est mort pour le plafond.

Bref, en tacite prolongation, surveille ce cap de près.

Durée effective du bail Régime du loyer Conséquence
Jusqu'à 12 ans Loyer plafonné Encadré par la variation d'un indice
Au-delà de 12 ans (1 jour suffit) Déplafonnement Fixation à la valeur locative réelle

Attention au seuil des 12 ans

Un seul jour au-delà des 12 ans depuis la prise d'effet du bail suffit à déclencher le déplafonnement. Si ton congé ou ta demande de renouvellement vise une date postérieure à ces 12 ans, le plafond saute et le loyer peut grimper fortement.


Maintien des clauses et conditions du bail en cours

Bonne nouvelle au milieu de tout ça : pendant la tacite prolongation, rien ne change dans les règles du jeu. Comme il n'y a pas de nouveau bail créé, toutes les clauses et conditions du contrat initial continuent de s'appliquer telles quelles.

Concrètement, ça veut dire que :

  • Le montant du loyer reste le même (sauf révision triennale, qu'on aborde plus loin).
  • La destination des locaux (l'activité autorisée) ne bouge pas.
  • Les charges et obligations de chacun restent identiques.
  • Les clauses de répartition des travaux ou de garantie continuent de te lier.

Tant que personne ne donne congé et que tu ne demandes pas de renouvellement, ton bailleur et toi êtes tenus de respecter ce qui a été signé au départ. Pas de remise à plat, pas de renégociation imposée. Le contrat se poursuit, point.

C'est plutôt rassurant. Mais ça ne t'empêche pas de garder un œil sur ce fameux seuil des 12 ans.

Délais de congé et formalisme pour mettre fin à la reconduction

La tacite reconduction, c'est pratique tant qu'elle t'arrange. Le jour où tu veux partir ou récupérer ton bien, il faut respecter des règles précises. Et là, pas d'improvisation : un congé mal envoyé ou hors délai, et tu te retrouves coincé pour une période de plus.

Le principe est simple. Pour stopper la reconduction automatique, l'une des parties doit donner congé dans les délais légaux. Sans ça, le bail repart tout seul, aux mêmes conditions (hors révision IRL si elle est prévue).

Mais les délais et le formalisme changent selon que tu es locataire ou bailleur, et selon le type de bail (habitation ou commercial). On détaille tout juste après.

Bon à savoir

Le délai de préavis se compte à partir de la réception du congé par l'autre partie, pas de la date d'envoi. Garde toujours une preuve (accusé de réception, acte d'huissier). Sans preuve, ton congé est juridiquement fragile.

Pas de panique, on déroule chaque cas de figure dans les paragraphes qui suivent.

Délais de préavis côté locataire (habitation et commercial)

Côté locataire, partir est plutôt simple. Pour un bail vide, ton préavis est de 3 mois en temps normal, réduit à 1 mois en zone tendue, en cas de mutation, de perte d'emploi, d'attribution du RSA ou pour raison de santé. Pour un bail meublé, c'est 1 mois partout, sans justificatif. Bonne nouvelle : tu peux donner congé à tout moment, même pendant une période reconduite tacitement. Pas besoin d'attendre l'échéance.

Pour calculer ta date précise, jette un œil à notre calculateur de préavis : il te sort la durée exacte et la lettre à envoyer.

Côté bail commercial, c'est plus carré. Pendant la tacite prolongation, tu donnes congé pour la fin d'un trimestre civil, avec un préavis d'au moins 6 mois, signifié par acte de commissaire de justice. Là, l'improvisation se paie cash.

Délais et conditions de congé côté propriétaire ou bailleur

Côté propriétaire, c'est une autre paire de manches. Tu ne peux pas mettre fin à la reconduction tacite comme tu veux : il te faut un motif légal.

Pour un bail vide, le préavis est de 6 mois avant l'échéance, et seulement trois motifs sont valables :

  • la reprise du logement pour y habiter ou y loger un proche,
  • la vente du bien,
  • un motif légitime et sérieux (impayés répétés, troubles de voisinage, etc.).

Pour un bail meublé, le préavis tombe à 3 mois, avec les mêmes motifs.

Côté bail commercial, le bailleur peut donner congé pour l'échéance avec un préavis de 6 mois, mais attention : refuser le renouvellement déclenche en général une indemnité d'éviction à verser au locataire.

Pas de congé valable dans les temps ? Le bail repart pour un tour, automatiquement.

Pour t'y retrouver en un coup d'œil, voici un récapitulatif des préavis selon le type de bail et la partie concernée :

Type de bail Préavis locataire Préavis bailleur Motif requis (bailleur)
Bail vide 3 mois (1 mois en zone tendue) 6 mois Oui (reprise, vente, motif sérieux)
Bail meublé 1 mois 3 mois Oui (reprise, vente, motif sérieux)
Bail commercial 6 mois (fin de trimestre) 6 mois Indemnité d'éviction si refus

Notification : lettre recommandée, acte d'huissier, mentions obligatoires

Envoyer un congé par SMS ou par mail ? Mauvaise idée. La loi impose un formalisme strict, et hors des clous, ton congé ne vaut rien.

Trois canaux valables existent :

  • La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) : le grand classique, valable pour le locataire comme pour le bailleur en habitation. Garde précieusement ton avis de réception.
  • L'acte d'huissier (commissaire de justice) : obligatoire pour le congé du bailleur en bail commercial, et toujours possible en habitation pour sécuriser la date.
  • La remise en main propre contre récépissé ou émargement : acceptée en bail d'habitation.

Côté contenu, ne bâcle rien. Ton congé doit mentionner la date d'effet, le motif légal s'il s'agit du bailleur (vente, reprise, motif sérieux), et respecter le délai de préavis applicable. Un motif flou ou manquant, et le congé saute.

Attention au formalisme

Un congé envoyé par SMS, e-mail ou un courrier simple n'a aucune valeur juridique. Respecte impérativement l'un des trois canaux autorisés (LRAR, acte d'huissier, remise en main propre) sous peine de voir ton congé annulé.

Pour calculer la bonne date sans te tromper, passe par notre calculateur de préavis. Il te sort même la lettre en PDF.

Absence de congé : que se passe-t-il à l'échéance du bail ?

Tu laisses passer l'échéance sans rien envoyer ? Le bail se reconduit tout seul. C'est tout l'esprit de la reconduction tacite : si personne ne donne congé dans les délais, le contrat repart automatiquement, sans aucune démarche, sans nouvelle signature.

Concrètement, voici ce qui se passe selon ton cas :

  • Bail vide, bailleur particulier : reconduit pour 3 ans.
  • Bail vide, bailleur personne morale (SCI, société, organisme) : reconduit pour 6 ans.
  • Bail meublé : reconduit pour 1 an.
  • Bail commercial : on parle de tacite prolongation, le bail se poursuit au-delà des 9 ans.

Exemple simple : bail signé le 1er juillet 2023 pour 3 ans. Si personne ne bouge avant le 31 décembre 2025, il file jusqu'au 30 juin 2029. Aucune paperasse à prévoir. Les conditions restent les mêmes, sauf révision encadrée du loyer.

Résilier ou refuser un bail à reconduction tacite

Mettre fin à un bail à reconduction tacite, c'est possible. Mais les règles changent selon que tu es locataire ou bailleur, et selon le type de bail.

Côté locataire, c'est plutôt souple : tu peux partir à tout moment, sans attendre l'échéance, avec un préavis qui va de 1 à 3 mois selon ta situation et le logement. Pour le calculer sans te tromper, passe par notre calculateur de préavis.

Côté bailleur, c'est nettement plus encadré. Pas question de refuser le renouvellement sur un coup de tête : il faut un motif légal, et le respect strict des délais.

Et pour un bail commercial, la fin du jeu se complique encore : refuser de renouveler peut t'obliger à verser une indemnité d'éviction au locataire. On décortique tout ça juste en dessous.

Résiliation par le locataire d'un bail reconduit tacitement

Bonne nouvelle : pour un locataire, sortir d'un bail reconduit tacitement est plutôt simple. Pas besoin de motif, pas besoin d'attendre une échéance. Tu peux partir quand tu veux, du moment que tu respectes ton préavis.

Pour un logement vide, c'est 3 mois (ou 1 mois en zone tendue ou cas particuliers). Pour un meublé, c'est 1 mois, point.

Le congé s'envoie dans les formes : lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre signature. Le préavis démarre à la réception, pas à l'envoi.

Pas sûr de ton délai ? Notre calculateur de préavis te le donne et te génère la lettre dans la foulée, gratuitement.

Et en colocation, attention : si un seul colocataire part, le bail continue pour les autres et peut toujours être reconduit tacitement.

Non-renouvellement par le bailleur : conditions et motifs légaux

Côté bailleur, c'est une autre histoire. Tu ne peux pas refuser la reconduction tacite quand bon te semble. Pour un bail d'habitation, il te faut un motif sérieux et le mentionner dans ton congé. Trois motifs seulement sont admis par la loi du 6 juillet 1989 :

  • La reprise : tu veux habiter le logement, ou y loger un proche (conjoint, enfants, parents).
  • La vente : tu souhaites vendre le bien libre de tout occupant. Le locataire bénéficie alors d'un droit de préemption.
  • Le motif légitime et sérieux : impayés répétés, troubles de voisinage, sous-location interdite...

Pas de motif valable ? Le bail repart pour 3 ans (bail vide, bailleur particulier) ou 1 an (meublé). Et attention au délai de congé : 6 mois avant l'échéance pour un bail vide. À une minute près, c'est trop tard.

Respecte le délai à la lettre

Pour un bail vide, le congé du bailleur doit parvenir au locataire au moins 6 mois avant l'échéance. Un seul jour de retard rend le congé nul et le bail repart automatiquement pour 3 ans.

Indemnité d'éviction pour non-renouvellement d'un bail commercial

Pour un bail commercial, le non-renouvellement coûte cher au bailleur. Et c'est voulu. La loi protège le commerçant, parce que son fonds de commerce dépend souvent du local et de la clientèle qui va avec.

Concrètement : si tu refuses de renouveler un bail commercial reconduit tacitement, tu dois verser une indemnité d'éviction à ton locataire. Elle compense ce qu'il perd en partant, soit en gros :

  • la valeur du fonds de commerce (ou sa perte de valeur s'il peut se réinstaller)
  • les frais de déménagement et de réinstallation
  • les droits de mutation et frais annexes liés au nouveau local

Le montant peut vite grimper. D'où l'importance de bien réfléchir avant de refuser.

Une exception existe : tu peux refuser le renouvellement sans payer d'indemnité en cas de motif grave et légitime (loyers impayés, non-respect des clauses, etc.). Mais il faut pouvoir le prouver, sinon le juge te fera passer à la caisse.

Recours en cas de désaccord : amiable, conciliation et judiciaire

Bailleur ou locataire, un désaccord sur la reconduction tacite peut vite arriver : congé contesté, motif jugé bidon, indemnité d'éviction sous-évaluée. La bonne nouvelle, c'est qu'on n'est pas obligé de filer direct au tribunal.

Commence toujours par l'amiable. Un échange clair, par écrit de préférence, règle souvent le truc. Si ça coince, deux options gratuites avant le juge :

  • La commission départementale de conciliation (CDC) : pour les litiges d'habitation (loyer au renouvellement, congé). Tu la saisis gratuitement, elle rend un avis.
  • Le conciliateur de justice : sur service-public, pour tenter un accord neutre et rapide.

Si rien n'aboutit, direction le tribunal judiciaire. Pour un bail commercial, c'est lui qui tranche le montant de l'indemnité d'éviction. Garde bien toutes tes preuves : courriers recommandés, dates, le bail. C'est ce qui fait la différence le jour J.

Tu es bailleur ?

Combien de mois de préavis tu dois donner à ton locataire ?

0 moisde préavis pour donner congé sur un logement loué vide

Reconduction tacite et révision du loyer

Une idée reçue tenace : la reconduction tacite ne fige pas le loyer pour l'éternité. Mais elle l'encadre sérieusement.

Quand un bail repart automatiquement faute de congé, c'est aux mêmes conditions qu'avant. Même loyer, mêmes clauses. Pour augmenter le loyer à l'échéance, le bailleur doit suivre une procédure stricte : prouver un loyer sous-évalué, respecter les plafonds, notifier dans les délais. S'il ne fait rien, le bail se reconduit tel quel.

Trois leviers conditionnent une hausse légale :

  • l'indice de référence des loyers (IRL), si une clause de révision est prévue au contrat ;
  • l'encadrement des loyers dans les zones tendues, qui impose un plafond à ne pas dépasser ;
  • le DPE : depuis le 24 août 2022, impossible d'augmenter le loyer d'un logement classé F ou G.

Côté bail commercial, les règles diffèrent : pas de lissage progressif du loyer renouvelé. On détaille tout ça juste en dessous.

À retenir

Sans congé ni démarche du bailleur, la reconduction tacite reconduit le bail aux mêmes conditions. Toute hausse de loyer doit être justifiée, plafonnée (IRL ou encadrement) et notifiée dans les délais légaux.

Augmentation de loyer au renouvellement d'un bail d'habitation

Bonne nouvelle pour les locataires : à la reconduction tacite, le loyer ne bouge pas. Sauf cas précis.

Pour augmenter le loyer au renouvellement d'un bail d'habitation, le bailleur doit prouver qu'il est manifestement sous-évalué par rapport aux loyers du voisinage pour des logements comparables. Et il ne suffit pas de le dire. Il faut le justifier avec des références :

  • au moins 3 références dans la plupart des villes,
  • 6 références dans les agglomérations de plus d'un million d'habitants (Paris, Lyon, Marseille...).

La proposition doit arriver au moins 6 mois avant l'échéance. Si le locataire accepte, on formalise par un nouveau contrat ou un avenant. S'il refuse, direction la commission de conciliation, puis le juge.

Et dans les zones d'encadrement des loyers, c'est encore plus carré : la hausse reste bornée par le plafond légal.

Pour savoir de combien ton loyer peut légalement bouger au renouvellement, fais le calcul avec l'indice en vigueur.

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Et récupère le courrier de révision prêt à envoyer à ton locataire.

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Indice de référence des loyers (IRL) et encadrement des loyers

Même quand une hausse est justifiée, elle ne se fait pas au pif. C'est l'indice de référence des loyers (IRL) qui sert de plafond. Publié chaque trimestre par l'INSEE, il limite la variation autorisée. Si une clause de révision figure dans ton bail, le loyer peut bouger dans cette limite, pas au-delà.

Dans les zones tendues, c'est encore plus carré. À Paris, Lille, Lyon, Plaine Commune et compagnie, l'encadrement des loyers s'applique. Le bailleur ne peut demander une réévaluation au renouvellement que si le loyer est inférieur au loyer de référence minoré.

Pour vérifier si ton loyer respecte les plafonds de ta commune, jette un œil au baromètre des loyers franciliens. Ça t'évite de signer une hausse qui n'a rien de légal.

Vérifie si ton loyer respecte le plafond légal

Compare ton loyer aux références de ta commune avant d'accepter ou de proposer une hausse.

Consulter le baromètre des loyers

Logements classés F ou G : interdiction d'augmenter le loyer

Tu loues une passoire thermique ? Alors là, c'est verrouillé. Depuis le 24 août 2022, impossible d'augmenter le loyer d'un logement classé F ou G au DPE.

Et ça vaut dans tous les cas :

  • au renouvellement du bail,
  • à la reconduction tacite,
  • même si le loyer est sous-évalué par rapport au voisinage.

Bref, tant que ton bien reste une passoire énergétique, le loyer est gelé. Pas de hausse possible, point.

La parade ? Faire des travaux pour remonter la note. Sors ton logement de la zone F/G, et tu retrouves le droit d'ajuster le loyer dans les règles. En attendant, le locataire est tranquille de ce côté-là.

Loyer gelé pour les passoires thermiques

Un logement classé F ou G au DPE ne peut voir son loyer augmenté sous aucun prétexte, même à la reconduction tacite ou en cas de sous-évaluation. Seuls des travaux qui font remonter la note débloquent la situation.

Absence de lissage du loyer renouvelé en bail commercial

Côté bail commercial, oublie la logique du bail d'habitation. Ici, pas de plafond IRL, pas de lissage progressif de la hausse. Quand le bail 3/6/9 est reconduit tacitement, le loyer peut être révisé selon les règles prévues par la loi et le contrat, sans étalement automatique dans le temps.

Concrètement, ça veut dire qu'une augmentation peut s'appliquer d'un coup, sans amortisseur. Le locataire ne bénéficie pas du mécanisme protecteur qui existe ailleurs.

Quelques points à garder en tête :

  • La révision suit l'indice des loyers commerciaux (ILC) ou l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT), selon l'activité.
  • En cas de tacite prolongation dépassant 12 ans, le risque de déplafonnement plane (on en a parlé plus haut).
  • Mieux vaut anticiper une renégociation que subir la hausse à l'échéance.

Bref, en commercial, la reconduction tacite n'a rien d'un long fleuve tranquille côté loyer. Vérifie tes clauses avant que la note tombe.

Habitation vs commercial

En bail d'habitation, la hausse est plafonnée et progressive. En bail commercial, aucun amortisseur : l'augmentation peut tomber d'un coup. Anticipe une renégociation plutôt que de subir la note à l'échéance.

Cas particuliers de la reconduction tacite

La vie d'un bail, ce n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Vente, décès, départ d'un colocataire, cession de fonds de commerce : certains événements viennent bousculer la reconduction tacite. Bonne nouvelle, la loi a tout prévu. La règle de base ? La prolongation automatique du contrat ne s'efface pas comme ça. Le bail continue, avec ses droits et ses obligations, même quand les personnes autour changent.

Voici les quatre cas qui reviennent le plus souvent, et ce qui se passe concrètement pour chacun. Que tu sois propriétaire ou locataire, en habitation ou en bail commercial, mieux vaut savoir où tu mets les pieds avant d'être pris au dépourvu.

Changement de propriétaire en cours de bail

Bonne nouvelle : si ton proprio vend l'appart pendant que tu l'occupes, ton bail ne disparaît pas avec lui. Il est automatiquement transféré au nouvel acheteur. C'est l'article 1743 du Code civil qui pose la règle : la vente ne casse pas le bail en cours.

Concrètement, ça veut dire quoi pour toi ?

  • Mêmes conditions : durée, loyer, dépôt de garantie, tout reste identique. Le nouveau proprio reprend le contrat tel quel.
  • La reconduction tacite continue : le changement de propriétaire ne remet pas le compteur à zéro. Ton bail suit son cours et se reconduit normalement à l'échéance.
  • Pas de nouveau bail à signer : inutile de tout recommencer, ton contrat initial reste valable.

Seul changement : à qui tu envoies ton loyer. Le nouveau bailleur doit te communiquer son RIB et ses coordonnées. Pour le reste, tu peux dormir tranquille.

La règle d'or

« La vente ne chasse pas le locataire » : peu importe les changements de personnes autour du bail (vente, décès, héritiers), la reconduction tacite suit son cours sans repartir de zéro.

Décès du locataire ou du bailleur

Un décès, ça chamboule tout, y compris le bail. Mais là encore, le contrat ne s'évapore pas du jour au lendemain.

Côté locataire, le bail se transmet à certains proches qui vivaient avec lui : conjoint, partenaire de PACS, descendants ou ascendants à charge, sous conditions de durée de cohabitation. C'est l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989 qui encadre ça. Personne d'éligible ou personne qui veut reprendre le logement ? Le bail prend fin, point.

Côté bailleur, c'est plus simple : son décès ne touche pas le contrat. Les héritiers récupèrent le bien et endossent automatiquement le rôle de proprio, avec les mêmes obligations. La reconduction tacite continue donc son chemin tranquillement, comme si de rien n'était.

Dans tous les cas, mieux vaut prévenir vite l'autre partie par lettre recommandée pour clarifier la suite.

Colocation et bail solidaire

En colocation, tout dépend du type de bail que tu as signé.

Avec un bail unique solidaire (la formule la plus courante), un seul contrat lie tous les colocataires. Si l'un d'eux part mais que les autres restent, le bail ne s'arrête pas pour autant : il continue et peut se reconduire tacitement à l'échéance. Pour ne pas être reconduit, le colocataire qui veut s'en aller doit donner son congé dans les règles, avec le préavis prévu.

Attention au piège de la clause de solidarité : même après ton départ, tu peux rester tenu des loyers pendant un certain temps si aucun avenant ne te libère. D'où l'intérêt de bien gérer ton départ en cours de bail.

Avec des baux séparés, chaque colocataire a son propre contrat. La reconduction tacite joue alors individuellement, sans impacter les autres.

Le piège de la solidarité

Dans un bail solidaire, ton départ ne te libère pas automatiquement des loyers. Sans avenant signé par le bailleur, tu peux rester tenu des dettes locatives pendant plusieurs mois après ton déménagement.

Cession d'un bail commercial en tacite reconduction

Quand un bail commercial tourne en tacite prolongation, le locataire (le preneur) garde son droit de céder son fonds de commerce. Et avec lui, le bail. La cession reste donc possible, même quand le contrat s'est prolongé automatiquement faute de congé ou de demande de renouvellement.

Mais attention aux pièges :

  • Vérifie les clauses du bail. Beaucoup imposent l'accord du bailleur ou des formalités précises (acte notarié, signification au propriétaire). Un bail prolongé garde les mêmes conditions que l'original.
  • La durée résiduelle est floue. En tacite prolongation, le bail n'a plus de terme fixe : il peut prendre fin à tout moment sur congé de l'une des parties. Le repreneur hérite donc d'une situation moins stable qu'un bail neuf de 9 ans.

Avant de céder ou de reprendre un fonds dans ce contexte, mieux vaut faire le point avec un pro. Ça évite les mauvaises surprises côté droit au renouvellement.

Propriétaire et locataire signant un avenant au bail après un changement de situation

Pièges fréquents à éviter avec la reconduction tacite

La reconduction tacite, c'est pratique, mais c'est aussi un terrain glissant. Voici les erreurs qui reviennent le plus souvent, et comment les éviter avant qu'elles ne te coûtent un préavis ou quelques centaines d'euros.

Bon à savoir

La plupart des litiges sur la tacite reconduction viennent d'un malentendu sur le type de mécanisme en jeu. Avant de signer ou de contester quoi que ce soit, vérifie toujours la clause de reconduction de ton bail et sa conformité avec la loi. Un détail mal lu, et c'est ton congé qui saute.

Les pièges classiques tombent dans quatre catégories : confondre les mécanismes, rater un délai, accepter une hausse illégale, ou parapher un avenant qu'on n'a pas compris. On les détaille un par un juste en dessous.

Le point commun ? Ils sont tous évitables avec un minimum d'anticipation. Pas besoin d'être juriste, juste d'être attentif aux dates et aux montants. Et si un doute persiste, mieux vaut poser la question que de subir.

Confondre reconduction tacite, renouvellement et simple poursuite d'occupation

Trois mots, trois réalités différentes. Et les mélanger peut te coûter cher.

La reconduction tacite prolonge ton contrat à l'identique, sans aucune démarche. Le bail repart pour une nouvelle période avec les mêmes clauses, le même loyer (sauf révision encadrée). C'est l'option par défaut quand personne ne bouge à l'échéance.

Le renouvellement, lui, suppose un vrai geste : le bailleur propose un nouveau contrat, parfois avec des conditions modifiées (loyer revu, durée différente). Ça se négocie, ça se signe.

La simple poursuite d'occupation, c'est quand tu restes sans cadre clair après la fin du bail. Une zone grise juridique à éviter absolument.

Mécanisme Démarche requise Effet sur le contrat
Reconduction tacite Aucune (automatique) Mêmes clauses, même loyer
Renouvellement Proposition + signature Nouveau contrat, conditions modifiables
Poursuite d'occupation Aucune, sans cadre Zone grise juridique à éviter

À noter : la jurisprudence assimile souvent "prolongation tacite" et "reconduction tacite". Dans les deux cas, c'est la continuation du contrat existant, sans nouveau bail. Le vrai clivage, c'est entre poursuite automatique et renouvellement négocié. Confondre les deux, c'est risquer d'accepter des conditions que tu n'avais pas à subir.

Oublier les délais de préavis et perdre un droit au non-renouvellement

Le piège classique ? Croire que le congé peut attendre. Spoiler : non.

Côté propriétaire, si tu veux mettre fin au bail ou refuser le renouvellement, tu dois envoyer ton congé dans les temps. Pour un bail d'habitation vide, c'est 6 mois avant l'échéance. Tu loupes la fenêtre ? Le bail repart automatiquement pour 3 ou 6 ans. Tu es coincé jusqu'au prochain terme.

En bail commercial, c'est encore plus sensible. La loi Pinel impose un préavis strict pour donner congé. Pas de notification dans les règles, et la tacite prolongation s'enclenche. Ton droit au non-renouvellement saute pour cette échéance.

Pour calculer ta date limite sans te tromper, passe par le calculateur de préavis. Il te sort la durée exacte et la lettre à envoyer. Mieux vaut anticiper que de subir une année de plus.

Tu es bailleur ?

Combien de mois de préavis tu dois donner à ton locataire ?

0 moisde préavis pour donner congé sur un logement loué vide

Accepter une hausse de loyer illégale au renouvellement

Quand le bail repart pour un tour en reconduction tacite, le loyer ne bouge pas. Sauf clause d'indexation, qui permet une révision annuelle calée sur l'indice de référence des loyers. Point.

Une hausse au renouvellement, elle, n'est possible que dans des cas très précis. Le principal : un loyer manifestement sous-évalué par rapport au marché. Et même là, le propriétaire doit suivre une procédure stricte, te proposer le nouveau montant six mois avant l'échéance, et le justifier avec des références de loyers comparables.

Donc si on te réclame une augmentation hors de ce cadre, tu peux refuser. Pense aussi à vérifier le plafond avec notre outil d'encadrement des loyers si tu es en zone tendue.


Convaincu ? Vérifie ton loyer sur Miramo dès maintenant.

Signer un avenant de renouvellement défavorable sans le comprendre

Un avenant, ça se signe vite. Mais une signature, ça t'engage.

Quand un avenant de renouvellement arrive avec une reconduction tacite déguisée, méfie-toi. Un avenant peut modifier la durée, le montant du loyer, les charges ou glisser de nouvelles clauses. Et une fois ta signature posée, c'est validé, même si la clause est moins avantageuse qu'avant.

Avant de signer, vérifie point par point :

  • Le loyer : une hausse n'est légale que dans les cas prévus (sous-évaluation prouvée, travaux). Sinon, c'est non.
  • La durée : on te propose un bail plus court ou différent ? Demande pourquoi.
  • Les nouvelles clauses : interdiction d'animaux, charges revues, répartition des réparations… repère les pièges.

Une clause contraire à la loi du 6 juillet 1989 est réputée non écrite. Mais autant ne rien signer à l'aveugle. Dans le doute, prends le temps de lire. Tout. Même les petites lignes.

Questions fréquentes sur la reconduction tacite du bail

Tu as encore quelques zones d'ombre ? On regroupe ici les questions qui reviennent le plus. Réponses courtes, droit au but.

Est-ce qu'un bail se renouvelle automatiquement ?

Oui, dans la grande majorité des cas. Si personne ne donne congé à l'échéance, le bail repart tout seul pour un nouveau tour. C'est le principe même de la reconduction tacite : ni nouveau contrat, ni paperasse, ni signature. Ça vaut pour l'habitation comme pour le commercial : le bail vide est reconduit pour 3 ans (ou 6 ans si le bailleur est une personne morale), le bail meublé pour 1 an, et le bail commercial est prolongé tacitement au-delà des 9 ans. Pour bloquer cet automatisme, il faut agir avant le terme : un congé en bonne et due forme, dans les délais. Sans ça, le bail continue, aux mêmes conditions.

Un bail de 3 ans est-il renouvelable par tacite reconduction ?

Oui, et c'est même le cas le plus classique. Un bail vide signé pour 3 ans par un propriétaire particulier se reconduit tacitement pour 3 ans à chaque échéance, tant que personne ne donne congé. C'est la loi du 6 juillet 1989 qui fixe ces règles. Petite nuance : si le bailleur est une personne morale (une SCI, une société), la durée passe à 6 ans. Vide + particulier = 3 ans. Vide + société = 6 ans. Et le nombre de reconductions n'est pas limité. Un bail peut tourner comme ça pendant 15 ou 20 ans sans qu'on resigne jamais le moindre papier.

Quelle est la différence entre reconduction tacite et renouvellement ?

La reconduction tacite, c'est l'automatisme : ton bail repart pour un nouveau tour sans que personne ne signe quoi que ce soit, aux mêmes conditions. Le renouvellement, lui, c'est volontaire et acté : on rédige un nouveau contrat, souvent pour revoir certains points (durée, loyer, clauses). La reconduction tacite ne touche ni au loyer ni aux clauses. Le renouvellement, si. C'est d'ailleurs souvent là que se glisse une hausse de loyer encadrée par l'IRL. Bref : l'un te laisse tranquille, l'autre te demande de relire avant de signer.

Comment rompre un contrat à tacite reconduction ?

Tout part du congé. Pour empêcher un bail de repartir pour un tour, il faut donner congé avant l'échéance, en respectant le préavis. Locataire en habitation : tu peux partir quand tu veux, avec 3 mois de préavis (1 mois en zone tendue ou cas particuliers), sans motif. Propriétaire en habitation : congé uniquement à l'échéance, avec 6 mois de préavis (vide) ou 3 mois (meublé), et un motif valable. Bail commercial : congé par acte d'huissier, en général 6 mois avant le terme. Notre calculateur de préavis te sort la durée exacte et la lettre à envoyer en quelques clics.

Peut-on refuser la tacite reconduction d'un bail et à quelles conditions ?

Oui, mais ça dépend de quel côté tu te places. Côté locataire, c'est simple : tu peux refuser en donnant congé avant l'échéance, avec ton préavis (1 ou 3 mois selon le logement et la zone), sans motif. Côté propriétaire, c'est plus encadré : tu ne peux pas dire non sans raison. Pour un bail vide, il faut un motif légal prévu par la loi du 6 juillet 1989 : reprise du logement (pour toi ou un proche), vente du bien, ou motif légitime et sérieux (impayés, troubles de voisinage…). Sans motif valable et sans respecter le formalisme, ton refus tombe à l'eau.

Que se passe-t-il si aucun nouveau bail n'est signé à l'échéance ?

Pas de panique : dans la grande majorité des cas, l'absence de nouveau bail signé ne veut pas dire que tu te retrouves à la rue. C'est exactement là que la reconduction tacite entre en scène. Si personne ne donne congé avant l'échéance, le bail repart tout seul pour un nouveau tour, aux mêmes conditions. Pour un bail vide, c'est reparti pour 3 ou 6 ans. Pour un meublé, 1 an. Pour un bail commercial 3/6/9 arrivé à terme, le locataire reste dans les lieux, avec une révision de loyer possible. L'exception ? Les baux sans tacite reconduction, comme le bail étudiant de 9 mois : pour rester, un nouveau bail doit être signé.

Quels sont les risques d'un bail avec tacite reconduction ?

La tacite reconduction n'est pas un piège en soi, mais elle endort. Les risques principaux : le loyer qui dérape (au renouvellement, le bailleur peut tenter une hausse, vérifie qu'elle respecte l'IRL et l'encadrement des loyers en zone tendue) ; le préavis oublié (tu laisses passer la date et le bail repart pour 3 ans ou 6 ans) ; la confusion bail commercial (un 3/6/9 reconduit tacitement bascule en durée indéterminée, et au-delà de 12 ans, gare au déplafonnement du loyer). Bref, le vrai risque, c'est l'inattention. Note tes échéances, et tout roule.

Le réflexe à garder

Le vrai danger de la tacite reconduction, ce n'est pas la règle en elle-même : c'est l'oubli. Note tes échéances de bail et calcule ton préavis à l'avance. Tant que tu gardes un œil sur le calendrier, tu restes maître du jeu.

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